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samedi 30 avril 2011

Nintendo s’acharne-t-il sur la 3D

Si aujourd’hui, la “3D ” s’invite partout et que l’on nous l’impose finalement plus qu’autre chose, il faudrait peut-être rappeler à ces messieurs du marketing que le procédé n’a rien de révolutionnaire et encore moins de nouveau.
Même Nintendo n’échappe pas à la règle et y va de sa 3Ds, mais pour le géant nippon, l’expérience est particulière et il est d’autant plus intéressant de voir une console actuelle proposer du rendu tridimensionnel lorsque l’on sait les échecs de la marque dans le passé.
Car si certains pensent automatiquement à l’épisode ” Virtual Boy ” lorsque l’on aborde le sujet des rendus 3D chez Nintendo, il ne s’agissait pas du premier essai de Nintendo.Image de prévisualisation YouTube
Certes, le Virtual boy a beaucoup fait parler de lui en son temps : un dispositif ” révolutionnaire” qui n’aura finalement pas séduit les foules du fait d’un prix trop élevé et d’un catalogue de jeux peu fourni.
Ce n’était cependant pas le premier dispositif créé par Nintendo permettant de rendre une impression de profondeur de champ et une intégration du joueur dans un environnement virtuel.
Il faut remonter à 1987 pour voir arriver le Famicom 3D system, une paire de lunettes proposant des écrans LCD simulant un rendu 3D avec un fonctionnement similaire aux techniques utilisées à ce jour .
Les lunettes proposaient donc 1 écran pour chaque oeil associé à un dispositif électronique permettant de masquer alternativement les 2 c?tés à une fréquence idéale pour permettre de rendre l’impression de profondeur de champ ( Les écrans alternaient entre une phase transparente, et une phase opaque ). Sur l’écran TV, le jeu lui proposait une superposition de 2 images légèrement décalées, une sorte de doublon.
Seulement 7 jeux ont été développés pour le système et l’ensemble, tout comme son évolution le virtual Boy était vendu une véritable petite fortune . Le Famicom 3D system aura donc été un échec d’autant plus marquant que les rendus procurés avaient la facheuse tendance à procurer des migraines? .? On connait donc l’évolution du procédé, espérons que Nintendo s’en sortira mieux avec sa 3DS, et rappelons pour finir que le Virtual boy avait au moins un avantage sur les technologies actuelles : il ne nécessitaient pas de changer d’écran TV pour profiter de la 3D.?

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samedi 23 avril 2011

Bientôt des expositions pour les robots


On peut être artiste ET féru de technologie, voici certainement ce sur quoi se base cette exposition baptisée pour l’occasion ” Take a Picture ” .
Si vous n’avez pas d’appareil photo, ni de smartphone avec APN ou de caméra, inutile de vous rendre dans ce genre d’exposition, vous n’y verrez que de grands panneaux monochromes .Image de prévisualisation YouTube
Des tableaux qui cachent en réalité un circuit électronique agrémenté de leds infra rouges similaires à celles utilisées dans nos télécommandes, et qui diffusent une lumière invisible à l’oeil nu, mais visible par l’intermédiaire d’un capteur numérique.
Ainsi, lorsque vous pointez votre appareil photo vers les tableaux, la magie opère et les motifs faits d’infra rouge vous sont révélés.
A l’heure où les APN et les Smartphones sont interdits dans les musées, voilà une opération à contre-courant plut?t originale. Rien ne vous empêche d’en vérifier le fonctionnement chez vous, armez vous de votre smartphone en mode APN et pointez le vers la Led infra rouge d’une télécommande tout en appuyant sur une touche et vous verrez la lumière apparaitre.
Le procédé est au coeur des appareils de vision nocturne militaires puisque les jumelles sont accompagnés de projecteurs IR pour gagner en portée et permettant de voir comme en plein jour malgré le noir le plus total par la simple réflexion des infra rouges sur les obstacles de l’environnement.

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samedi 16 avril 2011

Saartjie Baartman, l’histoire d’une Vénus callipyge pas comme les autres

? L’Histoire n’est pas faite pour accuser, excuser mais pour expliquer. Mais en France, nous avons des « petites » difficultés à regarder notre histoire, comparé à d’autres pays ?, lance Patrick Lozès, le président du Cran (Conseil représentatif des associations noires), avant la projection de ? Vénus noire ?, le nouveau film d’Abdellatif Kechiche. ? L’histoire des zoos humains que montre le film est très peu connue ?, ajoute Gilles Manceron, le vice-président de la Ligue des droits de l’homme. La grande salle qui se plonge dans l’obscurité est donc prévenue. ? Vénus noire ? va lui donner un petit cours de rattrapage.
Mais le rappel historique va vite se transformer en calvaire. Le vrai calvaire de Saartjie Baartman a duré 26 ans. Le n?tre est juste un mauvais moment à passer au cinéma. Pas un mauvais moment de cinéma car le prodige du cinéaste franco-tunisien, six fois césarisés pour ses deux précédents films, opère toujours. Mais parce qu’Abdellatif Kechiche nous plonge de fa?on brutale et prolongée dans l’histoire de cette Sud-Africaine surnommée la Vénus Hottentote. ? Venus noire ? n’est pourtant pas un documentaire mais sa direction d’acteurs est tellement ma?trisée qu’elle lui donne la force du cinéma du réel. Sauf que 2h40, c’est long et le générique de fin arrive comme une délivrance.
La délivrance de la vie infernale de Saartjie Baartman a lieu à Paris où elle meurt dans la misère en 1815. Née autour de 1789, elle appartient au peuple kho?kho?. Vers 1810, elle rejoint Londres avec son ancien ma?tre, pour se produire dans un freak show des célèbres foires aux monstres de l’époque. Le patron dont elle avait été la domestique en Afrique du Sud, a con?u un numéro spécialement adapté à son anatomie hors du commun. La dramaturgie du spectacle la transforme en curiosité mi-femme-mi animal, et lui, en dompteur de bête sauvage. Saartjie pousse des grognements pour effrayer le public qui a payé 2 shillings pour se faire terroriser.
A la fin du show, les spectateurs peuvent même la toucher pour vérifier qu’il s’agit bien de ses fesses et non d’un artéfact. Saartjie Baartman n’est pas l’esclave de Ceazar car ils ont signé un contrat. Elle rêve juste de devenir une artiste reconnue et de s’enrichir dans l’espoir de rentrer un jour dans son pays, libre et indépendante, pour y fonder un foyer. La réalité sera tellement plus sombre, ténébreuse même.
Le film raconte donc le parcours de Saartjie Baartman à Londres puis à Paris. Une histoire d’emprises. Celle d’un ancien ma?tre qui l’exploite pour l’appat du gain en lui faisant miroiter gloire et liberté illusoires. L’emprise de l’alcool qui la fait tenir face aux humiliations d’un corps jeté en pature. L’emprise des hommes et de leur argent quand elle se prostitue à la toute fin de sa vie pour gagner de quoi survivre. Enfin, l’emprise des scientifiques sur son cadavre. Ses restes ne seront d’ailleurs rapatriés qu’en 2002, après la loi spéciale votée à l’Assemblée nationale pour que la France les restitue à l’Afrique du Sud. Ils appartenaient jusque là au Muséum national d’histoire naturelle.
A la mort de Saartjie, le célèbre zoologue et chirurgien Georges Cuvier, récupère son cadavre et le dissèque pour étudier l’hypertrophie de ses hanches et de ses fesses mais surtout la protubérance de ses organes génitaux. Son cerveau et son vagin sont conservés dans du formol et son corps nu moulé dans le platre pour être exposé au public. Et il le restera jusqu’en 1974 avant de rejoindre les réserves du musée.
Quand les lumières se rallument, la moitié du public quitte la salle du MK2. ? Où est le MLF ? ?, invective un spectateur qui pense qu’il s’agit surtout d’un film sur l’exploitation du corps féminin. Pour les débatteurs, ?  Vénus noire ? propose en effet de très nombreuses portes d’entrée et les avilissements dont a été victime Saartjie Baartman sont multiples. La porte qui s’entrouvre le plus pendant le débat est celle de la science comme instrument et base de la classification raciale qui aura cours au XIXe siècle.
Henri Pouillot, chargé de la mémoire au conseil d’administration du MRAP, explique que l’ADN n’existait pas et que les scientifiques avaient alors tout pouvoir pour justifier l’injustifiable. Cette classification servira les thèses racistes qui allaient institutionnaliser le colonialisme en France et dont certains préjugés subsistent encore aujourd’hui. Et un intervenant de rappeler que ce n’est pas la réaction de Samuel Eto’o sur un terrain de foot qui est scandaleuse mais les cris de singes qu’il entend quand il frappe dans le ballon. Enfin pour Dominique Sopo, de SOS Racisme, s’il est si difficile de lutter contre le racisme en France, c’est que les abcès de l’esclavage et du colonialisme n’ont jamais été crevés.
La ? Vénus noire ? d’Abdellatif Kechiche n’aura pas à elle seule permis de crever les abcès de l’histoire coloniale. Néanmoins ce film aura levé un coin du voile sur le sort des indigènes exhibés dans les foires aux monstres ou dans les expositions coloniales, comme ce fut également le cas pour l’arrière grand-père de Christian Karembeu, le champion du monde de football 1998, qui, à cause du passé colonial de la France et parce qu’il se remémorait l’histoire de son a?eul, n’arrivait pas à chanter la Marseillaise.

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dimanche 10 avril 2011

Le RSA, arme de dissuasion massive

L’Etat providence, c’est bien, il suffit juste de rentrer dans les cases. Le Revenu de solidarité active, le RSA, mis en place en juin 2009, peine à répondre aux demandes, les prestations versées sont loin de suffire au nombre de dossiers déposés, et en plus, le Haut Commissaire aux solidarités contre la pauvreté s’invite aux réunions de familles en semant la zizanie. Le RSA, défendu bec et ongles par l’ancien président d’Emmaüs, fait partie de ce lot de réformes qui doivent amener à la relance et à la consommation. ? Destiné à compléter les revenus, encourager l’activité professionnelle… ?, il s’adresse avant tout aux travailleurs précaires. Au 31 juillet près de 711 000 personnes avaient déposé leur dossier, Martin Hirsch projette le versement à terme à 2 millions de travailleurs.
Alors pour vous, ? public chéri, mon amour ?, comme disait Desproges, j’ai testé le RSA. Le dossier qui s’imprime aisément à partir d’Internet évite d’avoir à fréquenter la CAF : Capharnaüm A la Fran?aise. Remplir le dossier est une formalité, pour nous pauvres pécheurs, coutumiers du fait et habitués à donner sa civilité, ses mensurations et autres numéros toujours perdants au quinté.
Bref, la question ? Percevez vous une pension alimentaire ? ?, je coche ? Non ?. A la ligne, il est alors précisé ? Si non, vous êtes susceptible d’engager une action auprès de vos parents pour obtenir une pension alimentaire. Si vous souhaitez être dispensé de cette démarche, précisez le motif (logé gratuitement par les parents, aide financière versée par eux…) ?. Je ne juge pas utile de répondre à la question, n’ayant pas de chèvre pour me lécher la plante des pieds et encore moins Bigeard à proximité.
La prose administrative est postée aux alentours du 15 juin. Le 30 juillet je re?ois alors un premier courrier joliment intitulé ? Demande de renseignements ?, à noter l’utilisation du pluriel, qui de suite à tendance à facher. S’en suit :
? Monsieur,
Afin d’étudier un droit éventuel au RSA, veuillez faire une demande de pension alimentaire auprès de vos parents.
Restant à votre disposition,
C.C
Votre technicien-conseil ?
Je me suis alors décidé. Ce week-end, j’irai visiter mes parents, après tout je ne suis pas descendu les voir depuis près de trois mois. L’air frais me manque et le lapin à la moutarde que prépare rituellement ma mère aussi. Justement, je profiterai de cet instant. Juste au moment où le plat arrivera sur la table, la bête encore fumante, mon père anticipera comme à son habitude, d’un geste précis et délicat, l’approvisionnement en vin. Un vin dont j’ai toujours eu horreur, mais il atténue le go?t de gibier.
C’est à cet instant précis où je glisserai, ? Papa, maman vous savez j’ai fait une demande pour le RSA. Mais le RSA c’est vous en fait. Vous allez devoir m’aider, puisque comme le stipulent les articles 203, 205, 206 et 207 du Code civil, vous me devez un soutien financier ?. Cette formule m’a semblé être la plus appropriée, enfreindre le Code civil fait peur normalement et pose tout de suite les choses, après tout ce n’est pas moi qui l’ai inventé, c’est ce couillon de Napoléon.
Ma mère désespérée d’avoir mis au monde un fils aussi fainéant, me rétorquera s?rement : ? De combien as-tu besoin encore ? ?, et mon père terminera s?rement son assiette en léchant les os du lapin. Les reposant sur la toile cirée, il me sortira probablement : ? A ton age, t’as pas honte de taper tes parents. ? Ce à quoi, je répondrai : ? Non, c’est la loi, et si vous refusez, la prochaine fois, on se verra au tribunal, c’est à vous de choisir. ? Après tout c’est leur boulot, ils n’avaient qu’à y penser. En faisant un enfant, et encore moins durant la phase de conception, on ne pense au Code civil et c’est une erreur. Parents, c’est un boulot à vie.
N’ayez peur pour ma santé mentale, tout cela n’est que pure fiction. Je me suis, en revanche, résolu à appeler le numéro figurant sur cette ? demande de renseignements ?. Après avoir composé le numéro de cabinet de Brejnev, et appuyer sur 15 touches différentes, j’obtiens enfin une opératrice :
? Je viens de recevoir une invitation à demander une pension alimentaire auprès de mes parents.
- Oui, dit-elle.
- Je n’ai pas l’intention de demander quoi que ce soit à mes parents, ni d’intenter quelque chose auprès d’eux.
- C’est la procédure, monsieur.
- Et alors qu’est-ce que je dois faire ?
- Attendre la suite, vous recevrez un courrier d’ici peu, vous demandant un relevé trimestriel de salaire.
- Je ne dois pas tenir compte de ce courrier alors ?
- Non.
- Mais à quoi cela sert ?
- C’est la procédure, monsieur.
- Elle est donc dissuasive ?
- On peut dire ?a, en tout cas n’en tenez pas compte et attendez la suite. ?

Madame la procédure et Monsieur Hirsch, sachez que la connerie a pour unique limite celle que lui impose l’intelligence et si vous ne comprenez pas la nature de cette aberration, auparavant révélée par Libération, demandez donc à vos parents…
Adrien Chauvin

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dimanche 3 avril 2011

Dans la cellule où Mandela bâtit sa légende

Cinq ans de prison pour sabotage : Jamal, un Black sud-africain a été incarcéré dans la prison mythique de Robben Island de 1977 à 1982. Il est notre guide pour la visite des cuisines, des cellules, dont celle, historique, de Nelson Mandela. Il explique que ? lorsqu’on arrivait à Robben Island, aujourd’hui transformé en musée, on se retrouvait dans une section spéciale. On avait droit à 30 minutes de marche le matin et 30 minutes l’après-midi. Rien de plus. Ensuite, on se retrouvait en section D. Si le comportement n’était pas respectueux des règles, on était transféré au F. La section la plus privilégiée était la A. ?
Le crime de Mandela fut d’avoir voulu saboter les lois. Victime de l’apartheid, il s’est rebellé comme bon nombre de blacks. Originaire de Port Elizabeth, il fut transféré au Cap, dans cette grande prison. Incarcéré dans la section D, il n’avait droit qu’à une lettre, une visite et une balade par mois. Le courrier était censuré, il ne pouvait pas parler des conditions de sa détention à sa famille, laquelle ne pouvait donc pas l’informer de la vie politique du pays à ce moment-là.
A son arrivée à la prison, comme tous les prisonniers sous l’apartheid, il est entré avec sa carte d’identité portant ses nom et prénom, son origine, sa religion. Classés par religion, couleur de peau et origine, il y avait deux groupes : les Noirs et les Coloured (métisses, Indiens, Asiatiques…). Pendant de nombreuses années, les Coloured furent privilégiés : les menus des repas étaient différents. En 1968, les Noirs entamèrent une grève de la faim durant cinq jours pour protester contre ce régime et obtinrent gain de cause : un menu commun… mais en quantité moindre.
Les prisonniers devaient se contenter d’une paillasse et de quatre couvertures pour dormir. Disposant de raquettes et de balles de tennis dans la cour, certains prisonniers mettaient des messages dans les balles et faisaient exprès de taper dedans trop fort de sorte qu’elles passent au-dessus des murs. La Croix-Rouge fut ainsi tenue au courant des conditions de vie de ces prisonniers et une visite de la prison s’ensuivit. Grace à cela, des lits superposés furent installés avec un petit matelas en mousse. Plus de confort, donc, mais les cellules de 30 paillasses, 30 prisonniers, se transformèrent en cellules de 60 prisonniers du fait des lits superposés. Cependant, il y avait des hauts parleurs diffusant de la musique à l’intérieur de la prison et un interphone au cas où quelqu’un serait malade.
Pour avoir participé à une marche de contestation au régime de l’Apartheid, Jamal, arrivé à Robben Island en 1977, connut ces cellules communes. Quand quelqu’un lui demande s’il éprouvait de la haine envers les gardiens blancs, il répond : ? Bien s?r, quand j’étais emprisonné je ne cessais d’avoir de la haine. Je voulais me sauver et retourner me battre contre ce régime et son pouvoir. Je voulais prendre les armes. Mais la sagesse de Nelson Mandela et ses paroles pacifistes ont fait redescendre la pression en cellule. ?
Après nous avoir expliqué que cette prison avait été construite par les prisonniers eux-mêmes – un comble, car ils allaient y être transférés peu de temps après –, Jamal (photo) nous emmène dans les cuisines. Des marmites géantes les unes à c?tés des autres. ? Quels plats étaient faits dans ces marmites ? demande un jeune visiteur. – On y faisait du porridge et du millet. Parfois, il y avait de la viande. ? Il explique que dans cette prison, il y avait 800 prisonniers et parmi eux, 20 cuisiniers seulement. ? Il n’y avait pas assez de nourriture pour tout le monde, juste assez pour survivre. ? Jamal baisse les yeux en disant cela. Cette prison, il y a vécu cinq ans et aujourd’hui, il en est guide comme plusieurs autres ex-prisonniers. Les Blancs qui commettaient des crimes ou délits n’étaient pas incarcérés ici mais dans une prison moins dure, à Pretoria.
Notre dernière visite fut réservée à la cellule de Mandela. Minuscule comme un trou à rat, on se demande comment il a pu passer autant d’années là-dedans où une paillasse lui servait de lit et un seau de nécessaire de toilette. Mandela, l’étoffe d’un héros.
Inès El Laboudy (Le Cap)

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dimanche 27 mars 2011

« Green Zone », rédemption année zéro

Avec ? Green Zone ?, l’industrie cinématographique américaine nous montre une nouvelle fois sa capacité de réaction et son besoin de revenir sur les points litigieux de son histoire récente. Ce n’est pas une surprise de retrouver le Britannique Paul Greengrass, un ancien journaliste, derrière la caméra, tant le sujet de ? Green Zone ? appara?t comme l’évolution logique de sa filmographie : après ? Bloody Sunday ? et ? United 93 ? qui étaient tétanisant par leur approche réaliste, à la limite du documentaire, et qui réussissaient à nous plonger au c?ur de deux drames de l’histoire contemporaine, dans l’Irlande du Nord de 1972 et dans l’Amérique du 11 septembre 2001.
Le scénario de ? Green Zone ? correspond aux thématiques qui font le fil conducteur du cinéma de Greengrass, à savoir le combat d’un individu isolé qui ? veut savoir ? quand des gouvernements pourtant légitimes font tout ? pour cacher la vérité ?. Caméra à l’épaule, le réalisateur nous plonge au c?ur de l’action. La photographie est froide et terne, loin des canons des blockbusters américains. Même lorsqu’il s’attaque à la saga des Jason Bourne (? La mort dans la peau ? et ? La vengeance dans la peau ?), il reste fidèle à ses thèmes récurrents et en profite pour enrichir sa technique.
Dans ? Green Zone ?, la caméra est focalisée sur le personnage de Roy Miller (Matt Damon), en quête perpétuelle de la vérité, donc, et des fameuses armes de destruction massives qui décidément ne sont pas là où les gouvernements belliqueux opposés à l’Irak ont dit qu’elles se trouvaient. En progressant dans l’intrigue, on découvre un jeu de piste qui nous mène à l’informateur secret qui aurait fourni des preuves de l’existence de ces armes.
Roy Miller est accompagné de Freddy (Khalid Abdalla), un Irakien qui lui sert de traducteur mais qui est également dans le film pour donner ou interpréter le point de vue des Irakiens sur la présence et les actions de l’armée américaine. En toile de fond, on découvre également la ? zone verte ?, qui donne son nom au film, cette enclave hautement sécurisée de Bagdad et qui représente l’? impérialisme américain ? dans sa splendeur avec son American Way of Life, et ses soldats suivant les matchs de la NBA en pleine période de guerre.
Ce choc des cultures, pour le moins, entre les soldats américains et la population locale est à l’image du conflit qui a été décidé unilatéralement et qui provoque de l’animosité envers ces troupes suréquipées et surarmées qui viennent occuper le palais républicain construit par le dernier roi d’Irak.
La caméra est constamment en mouvement, elle est collée aux personnages, le montage frénétique des plans nous place dans l’urgence de l’action, et ce style si particulier de Greengrass atteint son paroxysme dans une longue séquence anthologique de poursuite de nuit dans les rues de Bagdad entre Roy Miller sur les traces de l’informateur qui détient la clé sur les armes de destructions massives, et de l’armée américaine qui cherche à éliminer ce dernier pour que cette vérité reste secrète.
La gestion de l’espace et du cadrage est une des marques de fabrique du Britannique. Le battement haletant du stress est mis en parallèle avec un encha?nement de plans à un rythme effréné, et lorsque la poursuite se termine, on en ressort totalement épuisé, éreinté, sur les rotules et à bout de souffle avec l’impression d’avoir subi la montée d’adrénaline du sous-officier Miller.
Au final, on retient surtout l’impuissance du soldat américain, guidé par son patriotisme idéaliste, qui cherche une réponse à une question dont l’issue a été décidée par des instances supérieures depuis bien longtemps avec la complicité des médias affidés aux va-t-en-guerre – et à cette époque, les médias américains et britanniques opposés à la guerre contre l’Irak étaient très peu. Lorsque Roy Miller est à deux doigts d’atteindre son but, la triste réalité s’abat sur lui tel un couperet : ? Ce n’est pas à vous de décider ce qui se passe ici ! ?, lui lance un Freddy le traducteur, désespéré, blessé au plus profond de lui par la situation de son pays ravagé par les guerres et occupé par une armée qui n’avait pas de légitimité pour intervenir.
Faute de preuve – on conna?t l’histoire –, Roy Miller tentera néanmoins de faire éclater la vérité en dénon?ant les agissements des services de renseignements auprès de la presse, mais son action semble vaine, car la guerre est déjà là, et elle ne fait que commencer.
On peut regretter la crédulité de Roy Miller, qui ne semble pas conscient des enjeux réels de ce conflit. Cette conscience ignorante est à l’image de la sincérité – ou de la candeur ou de la na?veté – de Paul Greengrass qui, comme tant d’autres de ses compatriotes, a ? avoué ? qu’il avait cru les déclarations de Tony Blair sur l’existence des armes de destruction massive, et qu’il s’était senti trahi par son pays. Dans le cinéma américain (la nationalité britannique du réalisateur importe peu ici), la recherche de la rédemption, comme la guerre, marche à plein régime.
Arnaud Huynh

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dimanche 20 mars 2011

Une luge pour dévaler les pistes à 106km-h

luge sportVoici le Snow Cycle, la luge ultime (si l’on peut encore appeler ?a une luge) pour les amateurs de sensations fortes et de records de vitesse.
Record ? Oui, car si son design vous rappelle bien quelque chose, ce n’est pas par hasard… Cet engin nous revient directement de l’année 1949 et d’un pays ou le Ski est roi : l’Autriche.C’est donc en 1949? en Autriche que la première luge de ce type a inscrit son nom dans le Guinness des records avec la plus longue descente verticale à 66mph (environ 106km/h). Soit 22 mph de moins que ce qu’il n’en faut à la Delorean DMC-12 pour voyager dans le temps.
Aujourd’hui le concept est passé à la production industrielle, et le modèle s’est rendu disponible à tous. De quoi se donner quelques sensations sur les pistes de ski sans savoir skier.
Le Snow Cycle propose donc un ski positionné sous la selle ainsi qu’ un ski avant monté d’un guidon pour orienter la luge, et 2 autres skis latéraux qu’il faudra chausser pour stabiliser l’ensemble.
La selle rembourrée montée sur ressort permet d’absorber les chocs dus à d’éventuelles collisions avec des enfants pratiquant la luge plus conventionnelle, ou les déformations de la piste. Un second amortisseur placé au niveau du patin avant ajoutera un peu plus à la stabilité de l’ensemble qui devrait donc profiter au maximum de la glisse apportée par les skis.
Il suffit donc de tourner légèrement le guidon dans le sens voulu et d’exercer une force au niveau du pied correspondant pour faire virer l’ensemble (une conduite qui fera finalement penser à du ski assis)
Le cadre a également été pensé spécialement pour l’usage dans la neige et propose un revêtement galvanisé capable de résister à la corrosion, au sel et à l’abrasion.
Le tout offre des dimensions plut?t honorables (Lxlxh) 121 x 61 x 77 cm pour un poids total de 17 kg, une luge donc résolument orientée pour les plus grands.

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